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Vaccination HPV : pourquoi vacciner dès l’adolescence ? Interview du dr Pellegrino Matarazzo pédiatre à la Clinique Belharra
le 28/09/2026
Le papillomavirus humain (HPV) est très fréquent et peut, plusieurs années après l’infection, être à l’origine de plusieurs cancers. Le papillomavirus peut également être responsable de condylomes (verrues génitales). La vaccination constitue aujourd’hui un moyen majeur de prévention. Le Dr Pellegrino Matarazzo, pédiatre à la Clinique Belharra, nous explique pourquoi il est important d’en parler dès l’adolescence.
Vaccination HPV : pourquoi vacciner dès l’adolescence ?
Pourquoi le vaccin contre le papillomavirus est-il important ?
Dr Pellegrino Matarazzo : Le vaccin contre le HPV représente une avancée majeure en matière de prévention des cancers. Il permet de se protéger contre les papillomavirus, qui peuvent être responsables de plusieurs cancers, notamment du col de l’utérus, de la vulve, du vagin, mais aussi de l’anus, du pénis et de la gorge. C’est assez exceptionnel en médecine : nous disposons d’un vaccin permettant de prévenir plusieurs cancers liés à une infection virale.
Pourquoi vacciner les adolescents dès 11 ans ?
Dr Pellegrino Matarazzo : La vaccination est recommandée chez les filles et les garçons entre 11 et 14 ans révolus. C’est à cet âge qu’elle est particulièrement efficace, car l’objectif est de vacciner avant une éventuelle exposition au virus (lors des rapports sexuels). Lorsque la vaccination est réalisée à cet âge, deux doses suffisent. Un rattrapage de la vaccination peut être fait jusqu’au 26 ans.
Pourquoi le vaccin concerne-t-il aussi les garçons ?
Dr Pellegrino Matarazzo : Le HPV ne concerne pas uniquement les jeunes filles. Les garçons peuvent également être infectés et transmettre le virus à leurs partenaires. Ils peuvent aussi développer certains cancers liés au HPV, notamment au niveau de l’anus, du pénis ou de la gorge. Vacciner les garçons participe donc à la protection de chacun.
Est-ce que les parents adhèrent facilement à cette vaccination ?
Dr Pellegrino Matarazzo : Dans mon expérience, les parents adhèrent plutôt bien lorsqu’on leur explique l’objectif de cette vaccination. Ils comprennent qu’il s’agit avant tout d’une démarche de prévention : vacciner son enfant, c’est lui donner une protection supplémentaire contre plusieurs cancers qui pourraient survenir des années plus tard. C’est aussi une façon d’agir très tôt, à un moment où la vaccination est particulièrement efficace.
Comment faire vacciner son adolescent ?
Dr Pellegrino Matarazzo : Une campagne de vaccination contre le HPV est proposée au collège, en classe de 5e, autour de 11-12 ans. Il ne faut pas hésiter à profiter de cette occasion. La vaccination est prise en charge par l’Assurance Maladie selon les conditions en vigueur. Les parents peuvent également en parler directement avec leur médecin traitant, leur pédiatre ou un autre professionnel de santé habilité à vacciner.
La vaccination remplace-t-elle le suivi gynécologique ?
Dr Pellegrino Matarazzo : Non. Même vaccinée, une femme doit continuer à réaliser les examens de dépistage recommandés, notamment le dépistage du cancer du col de l’utérus. Le vaccin réduit fortement le risque, mais il ne protège pas contre tous les cancers ni contre toutes les infections à HPV.
Le vaccin est-il bien toléré ?
Dr Pellegrino Matarazzo : Le vaccin est généralement bien toléré. Comme pour toute vaccination, des effets indésirables peuvent survenir, mais ils restent le plus souvent bénins, comme une douleur au point d’injection, des maux de tête ou parfois un petit malaise. Chez les adolescents, on recommande simplement une surveillance pendant quelques minutes après la vaccination.
Quel message souhaitez-vous adresser aux parents ?
Dr Pellegrino Matarazzo : Il faut saisir cette opportunité de prévention. La vaccination contre le HPV permet d’agir avant l’exposition au virus et de réduire le risque de développer plusieurs cancers liés aux papillomavirus. C’est une vaccination simple, recommandée dès l’adolescence et accessible notamment grâce à la campagne organisée au collège. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à en parler avec votre pédiatre ou votre médecin.